59- Site et monuments

Publié le par eiheraberri

 Le quartier d’Eyheraberry à Saint-Jean-Pied-de-Port est situé extra-muros, hors de l’enceinte des remparts construits de 1830 à 1840. Il longe le cours de la Nive de Béhérobie et s’étend du pont de la Manutention jusqu’au gouffre d’Olhonce vers Saint-Michel, mais situé sur la commune de Çaro. Plusieurs voies le traversent, le pont romain constituant un carrefour :

1- Les Allées d’Eyheraberry allant depuis l’église jusqu’au Pont romain et qui selon l’historien Gérard Folio, correspondent à la voie moyen-âgeuse permettant d'éviter les gués.

2- Le chemin d’Olhonce qui va de la porte fortifiée de la Place neuve, arrive au pont romain et prend la direction d’Olhonce et le village de Saint-Michel, sur la rive gauche.

3- Le chemin d’Eiheraberri commence du pont romain et va jusqu'à la route de Saint-Michel.

4- Un cinquième chemin praticable à pied, fort en pente et encombré de cailloux, descend du glacis de la citadelle et rejoint les gradins près du pont romain.

5- Le chemin rural de Larraburu part du pont romain vers Çaro sur la rive droite, il contourne le glacis de la citadelle. Aujourd’hui en grande partie privatisé, il était autrefois fréquenté par les habitants d’Eiheralarre et d’Ezterenzubi le lundi, jour de marché à Saint-Jean. Il était également utilisé par les soldats de la citadelle pour se rendre au stand de tir situé au pied de la butte, en face d'Olhonce rive droite.

 

Le pont de la Manutention

 

Pont Manutention 5

Au début de XXe siècle

 

Il s’agit du pont de bois actuel. Son nom provient du bâtiment de la Manutention qui se trouvait au débouché du pont, sur la rive droite. Sur le cadastre napoléonien (Planche TA1, 1841), figurent le bâtiment et le pont sous le nom de "Pont Etchecoin", la voie qui monte vers la Place neuve s'appelle "Chemin Bordaguibeleta".

L'édifice de la Manutention qui a brûlé vers 1906, apparaît sur les anciennes cartes postales. Sa fonction était celle d’un entrepôt de ravitaillement construit par l’armée, pour stocker farine, vivres, paille, etc. Les traces de tours de défense de chaque côté  de la rivière marquent la protection du site de Saint-Jean contre une approche ou une attaque par voie fluviale.

 

Lavoirs disparus

 

Lavoir Korrontadoria 1

Le lavoir de Korrontadorria avant la guerre de 1914.

En arrière plan, le bâtiment de la Manutention.

 

Un chemin longe vers l'amont la rive gauche et rejoint le pont romain. Ce sentier aboutissait à un lavoir aujourd’hui disparu, situé à l’angle du rempart. En ciment, couvert d’un toit de tuile, il fut construit à la Libération et était alimenté par des sources provenant du fossé et de l’actuel camping municipal. Il tomba en ruines dans les années 70 avec la généralisation de la machine à laver et fut alors détruit.

Il ne faut pas le confondre avec le lavoir de Korrontadorria qui se trouvait entre le pont de la Manutention et le pont de l'église sur la rive droite, dont on voit encore un alignement de plans inclinés, pour que les lavandières battent leur linge. Il figure sur plusieurs cartes postales. Une fontaine venant du versant de la Citadelle alimentait le lavoir de Korrontadorria.

Sur les lavandières du quartier, voir plus loin le texte "Ur bazterreko sorginak", recueilli auprès de l'une d'entre ellesAmaño Sallaberry (1863-1948), dans la chapitre de ce blog "Eyheraberry vue par les peintres et les poètes".

 

Le pont suspendu EDF

 

Piliers pont EDF

Les deux culées de ce pont de singe

 

En remontant la rivière, se trouvent au bord de l’eau deux constructions en maçonnerie, de part et d’autre du lit. Il s’agit des culées d’un pont suspendu de type pont de singe, construit par EDF. Ce pont permettait d’avoir accès à une source située en face, sur la falaise qui surplombe la Nive, au pied de l’ancien chemin.

L'ancien dépotoir

Dépotoir Eiheraberri 2011

 

Un monticule assez protubérant surplombe la rivière à la sortie de la porte des remparts (Place neuve), dans le virage qui amorce la descente vers le pont romain. Ce monticule s’est peu à peu constitué du fait de dépôts d’ordures, de gravats et de remblais, jusqu’au début des années 70. Les archéologues qui effectueront des fouilles à cet endroit dans quelques siècles y trouveront leur bonheur. Les fossés des remparts ont également beaucoup servi de dépotoir, à partir de la Seconde guerre mondiale jusqu'aux aux années 60.

 

Borne de terrain militaire


Borne militaire

La borne octogonale et ses deux traits caractéristiques


L'une d'entre elles se trouve plantée à demi enterrée, à mi-pente, à hauteur du dépotoir. Ces bornes en grés rose, nombreuses à Saint-Jean-Pied-de-Port, délimitaient les terrains du domaine militaire, elles étaient donc du ressort de l'armée. Elles sont de forme octogonale et portent deux traits sur la partie supérieure. Ils indiquent la direction de la borne précédente et de la borne suivante du périmètre militaire de la cité.  

 

Le gué

 

Gué Eyheraberry 2 fév 2011

 

On remarquera plusieurs plaques d’égout le long de la Nive. Elles correspondent au collecteur du tout-à-l’égout installé là au début des années 1990. Le lit de la rivière fut alors artificiellement étroitisé avec des enrochements en ophite. En aval du pont romain, le gué fut en partie détruit, comme l’accès à la plage de galets. Un mouvement de terrain en creux sur la rive droite et le chemin qui suit la rivière en démarrant au débouché du pont romain sur la rive gauche, correspondent aux deux extrémités du gué traversant la Nive en biais dans sa partie la plus large. Les ponts étaient souvent soumis à péage et les gués permettaient de les éviter aux périodes de basses eaux.

 

Nive avant enrochement F. Matheau

En aval du pont romain, la rive gauche avant l'enrochement artificiel (argazkia Franck Matheau)


Une étrange statue primitive  

 

Cette sculpture (33 cm de haut et 22 cm de large) est taillée dans du grés rose. Pierre Duny-Pétré l'a trouvée au début des années 80, dans l'eau de la Nive, à quelques dizaines de mètres en aval du pont romain. Il est difficile de savoir qui elle représente. Pierre Duny-Pétré qui avait écrit un ouvrage à la fin des années 50, sur le mythe basque de Basa Jaun (homme sauvage), considérait qu'il s'agisssait de ce personnage très répandu dans les contes et légendes d'Euskal Herri. Il s'agit en tous cas d'une étrange manifestation de l'art populaire basque.

 

Basa Jauna 10 

Eiheraberriko Basa Jauna

 

Les voies d'autrefois 

 

Le pont actuel devant l’église serait relativement tardif, comme le quartier de la rue d’Espagne. Dès le Moyen-âge, une voie aujourd’hui piétonnière, tournait à angle droit à la porte de l’église et longeait la rivière jusqu’au pont romain. Ce pont se situe au seul endroit étroit et rocheux d'Errobi et permettant d’asseoir une arche de pierre et donc un franchissement sécurisé même lors de grosses eaux.

A partir du pont romain, la voie se prolonge par le chemin d’Eyheraberry actuel qui va jusqu’à la route de Saint-Michel. Ce chemin fut élargi en 1963. Après un bref passage sur la route de St Michel, il prend la route des crêtes, dite route Napoléon, qui est une des grandes voies de passage nord-sud en Pays Basque. Le chemin via le pont romain d’Eyheraberry n’est évidemment pas le seul qui traverse Saint-Jean-Pied-de-Port, mais il fut sans doute une voie essentielle tant sur le plan militaire qu’économique, ce qui explique le caractère fortifié du pont romain.

 

Mur pierre Donamaria 1

Ce qui qui reste du mur le long du terrain Bernard, en face de Donamaria

 

L'actuel chemin d'Olhonce, autrefois nommé chemin de Boulogne, était bordé de murs de pierres sèches dont il ne reste que quelques mètres dont la hauteur est fortement arrasée. A l'époque, le quartier rappelait le Connemara et le bocage. Le mur longeant la prairie actuelle allant de Donamaria à la maison Jarrié a été détruit pendant la seconde guerre mondiale, entre 1942 et 1945, le chemin fut élargi une première fois à cette occasion (information de Mme Bernard, propriétaire de la prairie, le 27 septembre 2009). 

 

 Olhonce ancien mur de clôture 1

Le long du chemin d'Olhonce, vers la maison Lascor


Hegitoa-1937--Connemara.jpg

 Le chemin d'Olhonce en 1937, à l'époque où il traversait un bocage rappelant le Baztan

ou le Connemara irlandais.


Protections du pont

 

En amont, le pont romain est protégé par une tour en forme de trapèze. Elle est aujourd'hui rasée au niveau du sol. Sur un de ses flancs vers l'amont, est fixé un anneau métallique. Selon le registre des délibérations de Saint jean Pied de Port, il s'agit de protéger les arches du pont contre les billes de bois transportées par voie fluviale. La délibération du 6 janvier 1726, page 39 du registre, décide de la construction d'un arrêt du bois pour un coût de 688 livres (voit le document synthétisé et reproduit au chapitre consacré à la construction du pont). 

 

Tour pont romain

La tour en forme de trapèze


Anneau 3 tour fortifiée Eyheraberry

L'anneau de fer forgé


Une autre construction de pierre formant un saillant en angle droit et surmontée d’une croix en fer forgé, domine le pont, sur la bute de la rive droite, légèrement en aval. Elle permet une vue plongeante et un contrôle du passage.

       

Mur soutènement 2 2012

 

Sur la butte rive gauche, avec vue plongeante sur le pont, un ancien mur surmonté d'un oratoire et sa croix en fer forgé

 

Le moulin d’Eiheraberri

 

Eyheraberry

Le moulin d'Eyheraberry avant la guerre de 1914

 

Ce qui correspont au moulin figure nettement sur la carte de 1683, extraite du Recueil des places de guerre des provinces, réalisé à la demande de Louis XIV et conservé à la bibliothèque du Génie à Paris.

Selon certains auteurs, son nom permet de le distinguer des autres moulins de Saint-Jean en aval, situés en face de l’église ou au-delà du Pont-Neuf. Les ruines actuelles ont été stabilisées à la fin du XXe siècle.

Habité par quelqu'un d'Hegoalde habitant Sare.

Travaux du maçon Arambel financés par qui? La société de pêche?

Mme Larralde va voir Lafitte pour connaître propriétaire actuel.

 

Emazte bat astoaren gainean 9 

 Eiheraberri 2011-4

      Eiheraberri en 2011

 

Les gradins de pierre


Eiheraberri gradins 2

 

Durant les années 1793-1794, sous la Terreur, Saint-Jean-Pied-de-Port est marqué par de nombreuses manifestations de l'esprit révolutionnaire. D'après les registres des délibérations du conseil municipal, l'église Notre-Dame devient le Temple de la Raison. Le maire de Saint-Jean-Pied-de-Port rebaptisée Nive-Franche, déplore l’absence d’un autel de la patrie, pour célébrer les fêtes décadaires sur sa commune. Il en propose la construction lors de la séance du 3 juillet 1794 (ou 15 messidor de l’an II de la République), sur la place d’Eyheraberry: "Jusqu'à la confection de cet ouvrage tous les citoyens et citoyennes de bonne volonté [sont] invités à se trouver dans cette place à 7 heures du matin jusqu'à midi, et à 3 heures de l'après-midi, jusqu'à l'entrée de la nuit, avec pelles, pioches, brouettes et paniers qu’ils peuvent avoir jusqu’à l’entière construction dudit autel…", (...)" ceux qui n'obéiront pas à la présente invitation seront regardés comme des insouciants et des indifférents et dénoncés comme tels à l'opinion publique ". Ce qui en dit long sur l'enthousiasme et les motivations véritables des Saint-Jeannais: en d'autres termes, ils sont allés faire les travaux sous la menace, à l'époque de la Terreur où l'on ne plaisantait pas.

Cet autel en gazon, servira à prononcer des discours et chants patriotiques les jours de décades et à donner au peuple toutes les autres instructions nécessaires. Tous les Saint-Jeannais furent invités à assister à ces fêtes. Des gradins furent aménagés pour accueillir le public. Les dépenses de cette construction furent couvertes par une souscription. A l’issue de la séance municipale du 6 août 1794 le maire de Saint-Jean-Pied-de-Port demande l’application du décret du 18 floréal de l’an II relatif aux fêtes, pour célébrer les épisodes marquants de la lutte révolutionnaire, à savoir le 14 juillet 1789 (prise de la Bastille), le 10 août 1792 (fin de la Monarchie), le 21 janvier 1793 (mort du roi) et le 31 mai 1793 (chute des Girondins). Les citoyens et citoyennes de la commune sont invités à participer à une procession qui partira à 8 heures du matin de la maison commune jusqu'à Eyheraberry. 

A l'aube du XXe siècle, le site demeure un lieu de fêtes très fréquenté, "on y danse", écrit Jean-Baptiste Pétré, sur une carte postale du début de la guerre de 1914.

La thèse de Nathalie Morel-Borotra, L'opéra basque, indique p. 280, que l'opéra Yuana fut représenté en 1934 à Saint-Jean-Pied-de-Port, au "théâtre des glacis". S'agit-il des gradins et du site d'Eyheraberry?

 Nathalie Morel Borotra: L'opéra basque (1884-1937), "Et l'art basque descendit des montagnes", Ed.  Izpegi , 2003

 

Annexe: Construction d’un autel de la patrie à Eyheraberry durant la Terreur. Extrait du «Grand registre de la municipalité», mairie de Saint-Jean-Pied-de-Port

Séance du 14 messidor l’an 2e (1) de la République une et indivisible présents les citoyens Dufourq Maire, Elissalde, Orrendy, Elissonde Louis Gimond, Ybarnégaray, Goyeneche et Curucheta officiers municipaux, Borda agent national, Custot, Vatadin et Lannes, Jnfort, Etcheverry, Apat et Chanchot.

Le citoyen maire a dit que dans cette communauté n’existe aucun autel de la Patrie, qu’il est de toute nécessité qu’il y en est un pour y aller célébrer les fêtes décadaires, comme on le fait dans plusieurs communes du département. C’est pourquoi le citoyen maire propose qu’il soit construit un autel de la patrie sur la place de Eyheraberry et que jusqu’à la confection de cet ouvrage, tous les citoyens et citoyennes de bonne volonté étaient invités à se retrouver dans cette place à sept heurs du matin jusqu’à midi et à trois heurs de l’après-midi jusqu’à l’entrée de la nuit avec des pelles, piochons, brouettes et paniers qu’ils peuvent posséder et qu’il soit en conséquence fait une proclamation dans les formes ordinaires.

Sur quoi le conseil général considérant qu’il convient à tous égards qu’il soit construit dans la présente commune un autel de la patrie pour y aller prononcer des discours et chants patriotiques les jours de décades et donner au peuple toutes les autres instructions nécessaires et analogues aux affaires du temps, a arrêté en présence de l’agent national qu’à la diligence des citoyens Goyeneche, Custot, Orrendy, et Louis Simon membres du conseil, il sera fait un autel de la patrie sur la place d’Eyheraberry dépendant de cette commune et que pour cet effet, tous les citoyens et citoyennes de bonne volonté seront invités à se trouver chaque jour sur la place à commencer de ce jour à sept heures du matin jusqu’à midi et à trois heures de l’après midi jusqu’au soir, avec des pioches, pelles, brouettes et paniers qu’ils pourront avoir jusqu’à l’entière construction du dit autel qui sera fait en gazon et que ceux qui n’obéiront pas à la présente invitation seront regardés comme des insouciants et des indifférents et dévoués comme tels à l’opinion publique et pour qu’ils ne prétextent pas cause d’ignorance, il en sera faite par le crieur public les publications et affiches en pareil cas requiert et accoutumés ceux qui savent écrire ont ci signé. Dufourq maire, Curutchetta Officier municipal, etc.

 (1) 2 juillet 1794 : nous sommes ici à la fin de la Terreur (surveillance des ennemis de la République, réquisitions, tribunaux spéciaux, répression de masse, 40.000 victimes environ), à l’époque où les «têtes tombent comme des ardoises», selon l’expression fameuse de l’accusateur public Fouquier-Tinville.

 

Délibération 14 messidor an II 1

Délibération 14 messidor an II 2

 

Extrait du registre des délibérations de la municipalité de Saint-Jean-Pied-de-Port du 14 messidor an II, 2 juillet 1794

 

L'autel en pierre

 

Autel Eyheraberry

 

Cet autel provient du socle de la statue en hommage à Charles Floquet érigée sur la "place de la république", en bas de Zuharpeta, au centre de Saint-Jean-Pie-de-Port. La statue de bronze représentant la République, fut saisie par les Allemands pendant l'Occupation. Les cartes postales d'avant la deuxième guerre mondiale, montrent un socle parfaitement identique. Celui-ci a donc été déplacé et installé à Eyheraberry, sans doute après la guerre. 

 

Le gouffre d'Olhonce


Olhonce passerelle 2

Le gouffre et la passerelle 

 

A partir du pont romain, l’actuel chemin d’Olhonce prend la direction du sud vers Eiheralarre en remontant la Nive. Ce chemin aboutit au gouffre d’Olhonce situé sur la commune de Zaro et que franchit une passerelle pour piétons, hier en bois, aujourd’hui en béton. Le site est surtout fréquenté par les pêcheurs de truites et doit son nom au chateau d'Olhonce, aujourd'hui disparu, qui se trouvait près de la route de Saint-Michel.

A l’entrée de la passerelle sur la rive droite se trouve une belle croix navarraise en pierre, sur laquelle ont peut lire l’inscription suivante : «Ci-gît Charles Gastellou, décédé le 1er septembre 1895, âgé de 56 ans, priez pour lui». De retour des fêtes de Saint-Michel, il s'est noyé dans le gouffre d'Olhonce.

 

Olhonce croix 3

La tombe de Charles Gastellou 

 

Une construction en pierre de taille, telle la base d'une tour de défense, surplombe le gouffre sur la rive gauche. Elle est visiblement de qualité et n'est pas là par hasard, mais nous ignorons sa destination.

 

Olhonce-mur-maconne.jpg

Une curieuse construction en pierre de taille 

 

Le moulin d'Olhonce


Olhonce moulin

Ce qui reste du moulin 

 

Il a aujourd’hui en 2011 quasiment disparu et se trouvait en amont du gouffre d’Olhonce. Victime de vandalisme et des crues de la Nive, ne subsistent de cet édifice que quelques éléments de maçonnerie le long de la rivière sur la rive gauche. Un chemin creux venant du château d’Olhonce aboutissait au moulin et au gouffre et il apparaît nettement dans les broussailles. Un mur clôturant la propriété du château longe la rivière sur la crête, entre le lit inondable proprement dit et les terres agricoles.

Voir le livre de Gil Reicher sur Saint-Jean-Pied-de-Port et livre de Manex Goyeneche, Voir aussi Orpustan.

 

Le chateau d'Olhonce


Oluntzeko jauregia, 1935

Le château d'Olhonce en 1935. Au premier plan, Eugène et Marie Duny

 

Cet édifice a totalement disparu. Il se trouvait en amont d'Eiheraberri, dans la commune de Çaro, sur la route de Saint Michel. Sa structure extérieure avec ses quatre tourelles pleines ressemblait au château Elizabelhar situé actuellement près de l'église de d'Iholdy. Ne subsistent aujourd'hui que les écuries du chateau constituant un corps de ferme, à droite lorsque l'on vient de Donibane Garazi. Le château était en face à gauche, là où se trouve à présent une villa moderne. Les soubassements du château se trouveraient sous du remblai auprès de cette villa.

Il est resté en ruine jusque dans les années 70. Auparavant, son dernier proporiétaire, un maçon, s'en servit de carrière de pierre. Cela permit à Pierre Duny-Pétré den acheter quelques éléments: deux pierres d'entrées de portail, un élément d'escalier en bois, une paire de grilles en fer forgé; ils se trouvent actuellement rue de la Fontaine et chemin d'Olhonce à Saint-Jean-Pied-de-Port.

Voici ce qu'écrivit Gil Reicher en 1938 dans son ouvrage "Saint-Jean-Pie-de-Port en Navarre" sur le château d'Olhonce: "Depuis bien des années, il est solitaire et notre enfance l'avait peuplé de mille histoires, d'autant qu'il en courait déjà pas mal sur son compte. Encore inhabité de nos jours, il emble quelque sentinelle silencieuse en face de la montagne.

Le château d’Olhonce appartenait aux Logras, vieille famille navarraise qui eut une destinée bruyante d’abord, puis tragique. Dès le XVIIe siècle, les Logras font figure de citoyens importants. Leur signature se retrouve souvent sur nos vieux registres. L’un d’eux fût premier jurat de la ville en 1704. Un autre fut délégué de la noblesse aux Etats généraux, puis victime de la Révolution. Plus jamais la famille ne reprit sa splendeur d’autrefois, ni le château sa magnificence. La dernière descendante des Logras y vivait encore il y a une cinquantaine d’années, entourée d’une collection de chiens et de chats, qu’elle n’abandonna pas pour un mari épousé sur le tard. Les légendes s’étaient emparées du château d’Olhonce depuis la mort tragique de son successeur. Elles s’amplifièrent, et les chiens et les chats de l’ultime propriétaire, jouèrent leur rôle dans les imaginations. Mais les animaux qui paraissaient maîtres de la vieille demeure étaient les hiboux. Leurs yeux de flamme éclairaient-ils des visiteurs nocturnes qui, au dire des gens, reprenaient la nuit possession de leur domaine et dont l’un se promenait la tête sous le bras ? «Les Logras ne sont pas revenus vivants, mais ils reviennent morts».

La demeure est étrange et belle. C’est une grande maison rectangulaire, haussée sur une terrasse, plus élevée du côté de la route, ce qui fait l’aspect extérieur ne fait pas prévoir la hauteur extérieure de l’édifice.. Des barrières de pierre rougeâtre, dans lesquelles sont encastrés d’anciens portails en fer, la séparent du chemin. Un escalier à double révolution, en grès d’Arradoy, de lignes très nobles, permet d’accéder à la maison. Les pierres de départ de l’escalier sont de forme très heureuse.

Aux quatre coins du château, quatre tours rondes de peu d’élévation sont d’un curieux effet. A première vue, elles ont plutôt l’aspect de cheminées, mais l’œil s’y habituant, y trouve bientôt quelque grandeur étrange. Les portes à caissons sont très vétustes, mais témoignent d’un beau passé. La façade qui regarde du côté de Çaro est noble. La porte surélevée vous fait pénétrer dans un vestibule qui rappelle les demeures guipuzcoannes. On est tout de suite frappé par la beauté de la cage d’escalier, absolument remarquable avec ses quatre étages. L’ampleur y lutte avec la grâce, et l’harmonie avec la richesse de la rampe sculptée».

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